0692.61.65.00
contact@runconcept.com

Les réseaux sociaux n’ont pas tué les médias traditionnels

Gilets jaunes vs Journalistes

Alain Marschall, « Grande Gueule » de RMC et pilier de BFMTV, tirait le signal d’alarme il y a quelques jours, quant à la banalisation du traitement réservé aux journalistes en France, dont certains sont aujourd’hui obligés de se protéger. Quatre ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, les journalistes voient la violence à leur encontre se décupler.

Le mouvement des Gilets jaunes a exacerbé ce triste constat. Manifestations devant les rédactions à Paris, slogans hostiles… Le contexte est particulièrement tendu entre une partie de la société et certains médias dits « traditionnels ». Cette situation n’est pas circonscrite au périmètre de l’Hexagone ; à La Réunion aussi, les critiques et la violence envers les médias ont émaillé la crise des Gilets jaunes depuis la mi-novembre, selon les témoignages de journalistes.

La fracture entre la communauté médiatique et une partie de la société est évidente. Nul besoin d’aller au contact des premiers détracteurs pour s’en rendre compte. Sur les réseaux sociaux, à la radio, sur la libre antenne de Freedom ou à l’écoute de l’émission quotidienne d’RTL « On refait La Réunion », il n’est pas rare d’entendre la méfiance envers les médias s’exprimer, obligeant parfois les journalistes à se défendre et à se justifier… Que reproche t’on aux médias ?

« Médias menteurs »

On leur reproche de censurer, de « collaborer » avec le pouvoir (ils roulent pour le politique, les acteurs économiques, le réseau maçonnique, etc.) pour « cacher la vraie information ». Les médias sont accusés de vouloir imposer un mode de pensée, de mentir aussi. D’autres dénoncent leur « toute-puissance ». Les manifestants leur reprochent de les museler, le responsable politique les accuse de jeter de l’huile sur le feu. Le dirigeant appréhende souvent les échanges avec les journalistes, situation identifiée et corrigée par les professionnels des relations publiques. En France, près de 2 sondés sur 3 pensent que les journalistes ne sont pas indépendants vis-à-vis des partis politiques ni des pressions de l’argent. Un chiffre en augmentation depuis 2015 (sondage du Quotidien La Croix, réalisé chaque année). Dans le même temps, de moins en moins d’internautes se rendent directement sur le site web d’un média d’informations, ils lisent les informations sur les réseaux sociaux. Ces derniers sont généralement plébiscités par les détracteurs des médias. Beaucoup utilisés par les Gilets jaunes, il est cependant faux de dire que les réseaux sociaux ont capté toute la confiance perdue au fil des années.

Le journaliste reste fiable

Il semble en effet que les français ne seraient pas (encore) prêts à faire des réseaux sociaux leur source d’information privilégiée. Toujours au regard du baromètre proposé par le Quotidien La Croix, réalisé par l’institut Kantar-Sofres, les médias « traditionnels » (dans l’ordre : radio, journal, télé, internet) affichent, et de loin, les meilleurs scores de crédibilité dans l’opinion. La défiance vis-à-vis des médias n’est donc pas aussi profonde qu’on le croit ou qu’on le dit parfois. Une autre étude récente, réalisée par Cision, leader mondial dans les communications de relations publiques (RP), tend également à le montrer. Pour les professionnels du marketing et de la communication, le profil idéal de l’influenceur reste le journaliste, devant les influenceurs des réseaux sociaux (Instagram, Twitter, YouTube). Mais pour combien de temps ?

S’il est évidemment possible de (bien) s’informer sur les réseaux sociaux, il apparaît surtout qu’à la lecture de ces études, les journalistes doivent en priorité se concentrer sur la fiabilité, la vérification et l’analyse de l’information. Et non la rapidité de sa transmission. C’est le moyen pour les médias de regagner la confiance du plus grand nombre.

Thomas Lauret
Consultant en relations médias & relations publics